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L'Astronome Eclipse

Articles de eclipseastronomie

  • Le transit de Vénus: une perle matinale...

    Telle une déesse sortant de la nuit, voici Vénus s'échappant des ténèbres, sauvée par le dieu solaire, en route vers des cieux plus cléments... mais comme si la belle ne voulait pas se faire surprendre en flirtant avec le dieu tout puissant, elle s'échappe peu à peu de ses bras enflammés, prête à s'envoler vers un monde stellaire bien plus discret. A la manière d'un coup de vent balayant le cosmos, la planète si délicate se voit chamboulée au point de disparaître en début de matinée...

    C'est ainsi qu'en ce matin du Mercredi 6 Juin 2012, dès 6h00 heure locale, la planète Vénus sortait, accompagnée par le Soleil. Bien plus rapide que l'astre orangé, elle filait à grande vitesse... Avant de la voir s'éclipser dans le fond cosmique, nous avons pu contempler une silhouette ronde et noire escortée par une bonne dizaine de petites taches solaires. Mais avant d'assister à un tel spectacle, il nous a fallu affronter bien des choses...

    Il faut dire qu'observer ce transit ne fut pas de tout repos. Nous autres, astronomes français, devions nous lever tôt pour espérer voir le couple stellaire. 6H00, c'était l'heure du lever du Soleil... et moins d'une heure plus tard, c'était la disparition de Vénus. Partout dans le pays, les groupes d'observateurs s'étaient formés, prêts à scruter le phénomène dans les moindres détails; astronomes, curieux, tous étaient armés de jumelles, lunettes, télescopes, filtres et autres dispositifs de combat solaire. Chacun d'entre nous attendait patiemment, le regard tourné vers l'Est, en quête du premier rayon qui pouvait trahir la cachette de la Lumière Stellaire, comme s'il ne fallait pas la laisser s'échapper dans le ciel. De l'autre côté, la Lune à peine grisâtre brillait de toute sa splendeur: c'était elle le phare de l'aube, et cela lui plaisait bien d'éclairer le paysage avant que quelqu'autre étoile vienne lui faire de l'ombre. Et que dire de Jupiter qui, dans ce ciel bleu marine tout juste ébranlé par les timides lueurs zodiacales, tentait en vain de sortir de l'embuscade tendue par les constellations du Taureau et du Bélier! De toute évidence, ce transit allait être le symbole d'une lutte sans précédent, opposant à la fois la fatigue des astronomes contre leur passion, et le beau ciel nocturne contre le tout puissant Soleil. Ah, tous sur le pied de guerre! Le temps avançait, les instruments étaient installés, et le moment fatidique approchait!

    Pendant que la nation astronomique se préparait, j'étais moi aussi en route pour le bord de mer. Sur la route, avec un ami, nous voyions les villes qui s'éteignaient peu à peu. Le chemin semblait désert. Qui donc pouvait bien sortir à une heure pareille si ce n'est nous, d'autant plus pour aller regarder une étrangeté interplanétaire?

    5h00 venait de sonner; le matériel dormait encore à l'arrière du véhicule. C'est ensuite une trentaine de minutes avant le lever du Soleil que nous avons atteint le point d'observation qui avait été repéré il y a une semaine... certains membres des clubs Antarès et Cassiopée attendaient déjà sur les lieux. Au moment où nous allions nous garer, quelle surprise venions-nous de voir! D'autres astronomes étaient présents, eux aussi, avec des télescopes! Par la suite, et après avoir un peu discuté, nous avons appris que nos collègues provenaient de l'Observatoire du Pic des Fées...

    C'est donc un ensemble d'une quinzaine d'observateurs qui se postaient là, dans l'espoir de voir le transit.

    En lui-même, le cadre d'observation était paisible: nous étions sur une plage près de la Capte, non-loin de Hyères. Tournant le dos au célèbre tombolo de la côte d'Azur, on pouvait voir une mer très calme, presque d'huile. Sur la droite, vers le Sud-Ouest, la côte semblait vouloir attraper les îles d'Or; car oui, Porquerolles et Port Cros culminaient en face de nous, au loin! Leurs basses collines frôlaient une brume assez épaisse qui, par la suite, allaient probablement masquer le Soleil... A notre gauche, vers l'Est, le port de Hyères et les plages de l'Ayguade paraissaient figées, prises dans un courant d'air pétrifiant, comme si le temps les avait solidifiées par un mystérieux pouvoir au cours de la nuit. Enfin, vers l'endroit précis où l'astre devait apparaître, on pouvait distinguer les contours de quelques collines très basses: derrière elles se trouvait sans aucun doute le fort de Bregançon, ou encore des criques sauvages et inaccessibles...

    Hormis notre groupe d'astronomes, il n'y avait personne. Les boutiques touristiques étaient closes, les voitures demeuraient très rares sur la petite route du littoral. Même les bateaux restés au large ne montraient aucun signe d'activité, et les mouettes somnolaient encore dans leurs nids, en retrait et à l'abri de tout éventuel dérangement nocturne.

    Hélas, ce monde idyllique n'avait pas uniquement un beau décor et un climat de rêve: certes, la température, s'élevant à environ quinze degrés Celsius, n'était pas contraignante, mais l'humidité se faisait sentir. Pire, la brume qui montait vers le ciel ne se dissipait pas, et quelques instants avant l'apparition du Soleil, nous n'avions que cinq degrés de ciel dégagé! Un tel élément, aussi imprévu fut-il, pouvait changer d'un moment à l'autre, mais cela n'en prenait malheureusement pas le chemin... et nous, pendant que l'envie de balayer cette brume grandissait, nous devions également affronter une invasion de moustiques! En effet, à proximité d'un lieu aussi humide que la mer, comment échapper à ces insectes?! Tôt ou tard, nous devions les rencontrer. Autant dire que ces êtres minuscules mais ô combien embarrassants n'ont pas attendu pour nous rendre visite. Mais l'un de nous avait une arme absolue, à savoir une bombe anti-moustiques. Je ne vous cacherai pas que ce fut d'une aide précieuse pour passer le reste de la matinée en paix. Ceci dit, le Soleil allait sortir d'un instant à l'autre, et les insectes ont rapidement été oubliés!

    Peu après six heures, les rayons du soleil commençaient à s'introduire entre la brume et la mer... nous étions tous très excités: chacun espérait être le premier à apercevoir le nord de cette boule flamboyante et rayonnante au dessus de la surface usée des lointaines collines. Les secondes devenaient insupportables! Chaque instrument pointait déjà la cible avant même qu'elle ne soit visible. La tension montait toujours plus... et puis, d'un coup...

    «Je le vois! Je le vois! Le Soleil est sorti!» Un astronome venait à peine de repérer l'infime partie de l'astre émergeant de l'horizon. Et rapidement, tout le monde s'est mis à observer. La joie était déjà au rendez-vous, et elle s'est tout de suite intensifiée lorsque le magnifique rayon vert est apparu dans nos oculaires. Quel instant bref! Comme une aurore qui se serait aplatie, écrasée par l'attraction, voici qu'un ruban vert pomme lumineux, vif et brillant, venait de s'étaler sur tout le pôle nord du Soleil pour ensuite se recroqueviller sur lui-même et disparaître en l'espace d'une courte seconde. La déformation de l'image due à l'atmosphère et à ses turbulences donnait à ce rayon la forme d'un arc dont les extrémités tendaient à s'arrondir pour créer un demi cercle serré de chaque côté. Et comme toute bonne surprise, cela n'a fait que nous rendre plus heureux que jamais; ceci en sachant que le meilleur et le plus important était à venir...

    L'apparition de Vénus était imminente. Là aussi, nous n'avons pas tardé à entendre un astram dire «Ça y est, la voilà!»... et c'est ainsi que l'un des plus beaux cadeaux du système solaire nous a été offert à ce moment précis: pour la dernière fois de notre existence, pour l'ultime occasion d'en voir un durant le 21ième siècle, le transit de Vénus s'est dégagé de la surface terrestre. La sœur jumelle de la Terre passait devant le Soleil, lentement, comme si elle voulait éclipser notre étoile. Voir cette petite bille devant ce gros mastodonte orange, c'était si magique et tellement grandiose!

    Nous étions en train de vivre le transit de Vénus! C'est ce 6 Juin 2012 entre 6h et 6h50 que nous assistions à cet événement exceptionnel et désormais unique.

    Transit de Vénus (photo L'Astronome Eclipse)

    Tout le monde scrutait le phénomène dans les lunettes et les télescopes. En l'espace d'une ou deux minutes, un ami et moi avons immortalisé le transit à l'aide de nos appareils photo. Bien évidemment, nous en avons aussi profité pour observer à l'oculaire: sur mon Mizar 114/900, un oculaire Meade 32mm série 4000 nous offrait un faible grossissement; nous avons donc vu le soleil dans sa totalité, avec trois ou quatre taches entourées d'autres points tout autant noirâtres mais bien plus discrets. Vénus se démarquait nettement, formant un rond sombre bien défini qui semblait fixe. Ensuite, un oculaire Mizar 20mm m'a permis de «m'approcher» un peu plus: on ne zoomait pas beaucoup, mais on pouvait tout de même distinguer un anneau clair autour de la planète, -qui pouvait correspondre à coup sûr à son atmosphère selon moi-. Quelle joie de voir une planète aussi sombre alors que d'ordinaire, on a plutôt affaire à un objet céleste éclatant! On aurait pu imaginer que cette friponne avait mis un masque ce matin-là! D'ailleurs, il faut dire qu'un scientifique qui en aurait eu le temps aurait pu mesurer précisément le diamètre du disque vénusien. Ceci n'est pas sans rappeler les expéditions qui, par le passé, et sous l'égide des grandes institutions scientifiques telles que les académies ou la Société Astronomique de France, ont permis aux astronomes de valider (ou réfuter!) une multitude de théories et travaux dont les enjeux ne se limitaient pas uniquement aux observations visuelles du système solaire! A ce propos, en me trouvant face au transit ce matin-là, j'admets avoir eu une pensée particulière pour feu mon astronome préféré Camille Flammarion... cet éminent scientifique du XIX ième siècle ayant déjà, à l'époque, compris et étudié l'ensemble des principes mécaniques des occultations et transits...

    La planète Vénus passait à la fois si lentement et si vite! Cette pastille noirâtre semblait glisser à la surface du Soleil, comme s'il s'agissait d'une bille de billard propulsée sur le tapis... mais qui donc pouvait jouer comme tel avec d'aussi grandes boules? Mystère. A moins qu'il ne s'agisse d'électrons excités à l'idée de tournicoter autour d'un noyau désabusé... Et nous, qu'étions-nous devant cette fourmilière cosmique? Nous admirions toute l'énergie contenue dans ce spectacle incroyable dont les forces et le sens nous échappaient. Mais qu'importe, c'était beau.

    Le temps, lui, n'avait pas une minute à perdre dans cet univers si relatif. Il fallait avancer coûte que coûte, et nous étions contraints de le suivre. La brume maritime demeurait là, bien déterminée à ne pas se retirer. Ainsi donc, la Terre voulait-elle faire de l'ombre au Soleil et à sa compagne? C'est en tout cas ce qui s'est produit, et avec un triste succès: les troisième et dernier contacts n'ont pas pu se montrer à nos instruments. La scène en devenait presque désapointante car progressivement, l'astre solaire disparaissait derrière les épais nuages, emportant la belle Vénus avec lui. Mais l'espoir de voir le ciel se dégager ne s'en réduisait pas moins. L'ambiance, toujours aussi intense, subsistait entre les astronomes encore présents; les plus pessimistes d'entre nous commençaient à replier leur matériel, mais mes amis et moi, nous voulions encore y croire. Aussi avons-nous patienté jusqu'à l'heure officielle de la fin du phénomène. L'excitation due à la vision toute fraîche du phénomène céleste nous avait littéralement rendu fous de joie. Mais hélas, l'attente s'est finalement avérée vaine: la couverture ne s'est pas dissipée, et le transit de Vénus a pris fin sans que nous puissions admirer les dernières minutes de l'évènement. 7H00 sonnait tout juste.

    Plage de la Capte (photo L'Astronome Eclipse)

    C'est à travers tout le département que les appels fusaient: les clubs se contactaient pour s'échanger leurs rapports d'observation. Les astronomes se téléphonaient et racontaient ce qu'ils avaient pu voir selon les conditions météorologiques locales. J'ai ainsi appris que vers le massif de la Sainte Baume, la matinée d'observation avait été un réel succès. Il en était de même dans la Provence verte, non-loin de Rocbaron, où une seconde équipe du club Cassiopée s'était postée sur une colline et avait pu contempler le phénomène sans encombre. C'est en ce lieu précis que d'autres amis astrams ont également immortalisé le transit à l'aide d'appareils photos fixés sur de simples lunettes; Mais pour profiter au mieux du spectacle, plusieurs instruments de qualité avaient été employés... Un peu plus loin sur la côte, vers la Seyne, à l'Ouest de mon poste d'observation, les observateurs n'ont en revanche pas eu l'opportunité et la chance d'assister au transit vénusien. Mais ce n'est que partie remise: à défaut de pouvoir vivre jusqu'en 2117, nos camarades pourront certainement profiter du transit de Mercure, dont la date s'approche toujours plus, et bien plus vite que ce que l'on pourrait imaginer...!

    Malgré les nuages, la plage demeurait très lumineuse. Mes amis et moi-même étions désormais les seuls curieux du ciel encore en place. Après avoir rangé tous les instruments dans les véhicules, chacun de nous est parti. Et tandis que je rentrais chez moi, le monde se réveillait à peine. Les travailleurs s'en allaient pour une nouvelle journée. Les enfants partaient à l'école. Les étudiants reprenaient leurs révisions... et les astronomes, eux, rentraient dans leurs maisons pour se reposer, mais aussi pour éditer leurs photos. Chacun d'entre nous repartait avec des souvenirs plein la tête, des anecdotes, et des images fantastiques. Que dis-je... ce sont les images du siècle! Je ne serai plus de ce monde en 2117, alors oui, ces clichés sont maintenant le témoignage historique d'un événement sans équivalent, et dont la date du 6 Juin 2012 sera inscrite dans les livres.

    Vénus, cette belle planète ayant pris plaisir à offrir un spectacle splendide aux habitants de la Terre, s'est échappée vers l'espace, continuant sa course autour de l'étoile des hommes. Sa silhouette, surprise devant la lumière, a fait le bonheur des observateurs. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et la sœur de la planète bleue n'a pas tardé à s'en aller... c'est maintenant au tour de la timide Mercure de se préparer: dans quelques années à peine, elle jouera la star du système solaire pour un nouveau transit...

  • Frustration cosmologique.

    Bienvenue sur la planète Terre. Située en plein milieu de la zone dite "habitable" du système solaire, cette petite bille bleue n'est pas qu'un simple caillou éclairé par le Soleil... elle est aussi le foyer de la vie. C'est là que nous avons été élaborés, avec entre autres des acides aminés et de l'eau. Il en va de même pour les animaux, les insectes, les bactéries, bref, tous les êtres vivants. Il s'agit là d'un miracle de l'Univers! Et pourtant, l'Humanité s'inquiète: son existence pose problème; La vie est apparue sur Terre il y a bien longtemps, et nous avons eu le temps de nous développer. Cependant, et comme diraient certains, "la Terre est ronde", ce qui explique pourquoi l'Homme a fini par connaître la limite de son royaume. Depuis, nous nous demandons si nous sommes donc seuls dans l'Univers... Dès lors, je ne rentrerai pas dans l'éternel débat. En revanche, peut-être pourrions-nous nous intéresser à l'une des issues possibles de cette énigme. 

     

    Admettons que la vie existe ailleurs que sur notre planète et, par extension, considérons également que l'Homme est désormais apte à la découvrir (techniquement parlant)... il paraît logique de se demander comment nous réagirions face à un tel évènement. Nombreux sont ceux qui méditent à ce sujet. Pour ma part, je préfèrerais m'interroger sur autre chose: sommes-nous vraiment capables d'accepter "l'existence d'extraterrestres", dont la preuve serait irréfutable? La situation est en réalité à éclaircir... "vouloir" n'est pas "pouvoir"! Ainsi, beaucoup d'entre nous voudraient découvrir une civilisation provenant d'une autre planète, mais cela pourrait bien rester techniquement et psychologiquement inacceptable. En dehors de ses limites technologiques, l'être humain n'est pas encore pourvu d'un esprit apte à assimiler tous les bouleversements qu'il rencontrerait suite à une découverte. A mon sens, nos théories et Sciences sont actuellement trop "humanisées" et trop humanisantes: on a beau essayer d'expliquer l'Univers, le chemin à parcourir à l'avenir demeure colossal. D'ailleurs, les futures révolutions s'avèrent probablement inimaginables. 

     

    Repérer et/ou rencontrer des êtres vivants étrangers à la Terre est comparable à l'aboutissement d'une nouvelle ère. Certes, l'une des plus grandes questions que l'on se pose depuis des siècles trouverait une réponse, mais d'une manière plutôt brutale! On devrait même parler d'un véritable choc: dans notre échelle temporelle, il nous faudrait réfléchir rapidement, interpréter la chose au plus vite. Or, si la vie extraterrestre dépasse la réalité (selon nous), l'Homme se perdrait alors dans sa propre conscience à cause d'une conception de l'Univers trop restreinte. Tout ceci est logique: si les Mathématiques et la pensée sont fausses, nous n'avons plus aucun repère à partir de ce moment-là; sans nos marques, sans nos modèles autrefois approuvés, que ferait-on face à une réalité que nous ne comprendrions pas immédiatement? De plus, quand bien même ladite nouvelle vérité deviendrait en partie compréhensible à court terme, l'être humain se verrait malgré tout obligé de "repartir de zéro"... 

     

    Ce n'est pas tout. Concevoir une nouvelle explication de l'Univers, aussi longue et vaste puisse-t-elle être théoriquement, n'est pas la seule action à effectuer suite à l'apparition de nos "voisins galactiques". Effectivement, cette réflexion forcée serait accompagnée d'un fait tout aussi important: l'Homme et l'Alien devraient cohabiter, et ce même s'il n'y a pas de contact physique ou visuel... Imaginons alors: chacun doit vivre en sachant que son "voisin" n'est pas terrien; il y a deux cultures (l'une issue de la Terre, l'autre provenant de la civilisation extraterrestre) qui se confrontent sans pour autant fusionner comme on le souhaiterait, et personne ne comprend la situation. N'oublions pas non-plus que le contact en question pourrait ne pas être pacifique, ce qui impliquerait en plus (dans le cas où une rencontre concrète aurait lieu) une lutte pour la survie de l'Homme... 

     

    A partir de maintenant, vous pensez certainement que mes mots sont trop négatifs. Peut-être n'avez-vous pas tort, mais à moitié seulement... Certes, j'admets volontiers qu'à première vue, tout ce que j'ai écrit ne paraît pas très réjouissant! Toutefois, en s'appuyant sur l'avancée actuelle des Sciences et de la pensée, sur le quotidien de la population ainsi que sur le fonctionnement de notre société, on se rend finalement compte que ce texte ne s'éloigne pas beaucoup du réalisme. Mais attention: je ne dis absolument pas que la recherche de vie extraterrestre est à bannir de nos programmes scientifiques! Bien au contraire, il est intéressant de vouloir trouver une réponse à cette énigme. Autre détail: les bouleversements que j'évoque n'existeront peut-être jamais, bien qu'une découverte de ce type est obligatoirement source de changement dans nos esprits. 

     

    Comme bon nombre d'astronomes, astrophysiciens, ufologues et philosophes, j'aimerais moi aussi découvrir une vie ailleurs que sur Terre. Je pense néanmoins que nous ne sommes pas prêts humainement... ce qui n'empêche pas d'être patients, car si l'Homme évolue correctement, peut-être sera-t-il un jour capable de supporter l'arrivée des extraterrestres dans les connaissances... si toutefois ils existent...

  • Ma promenade automnale...

    Ah, les saisons! Elles ont toutes du charme. Chacune possède ses propres couleurs, ses températures, mais aussi son ciel! Les astronomes se plaisent à observer en Hiver sous la voûte céleste la plus chargée de l'année; au Printemps qui offre de belles curiosités toutes imprégnées du parfum de la rosée; en Eté où l'on ne craint pas vraiment la pluie ni la fumée des cheminées! Puis vient l'automne. 

    L'Automne... cette période de l'année qui symbolise la fin des vacances et la rentrée! Après avoir exploré le grand Triangle de Véga, Deneb et Altaïr jusqu'à n'en plus vouloir, nous arrivons en Octobre... Un nouveau ciel arrive et nous surprend presque soudainement. On recommence à braver la météo pour alors découvrir un spectacle étonnant... 

     

    En ce mois d'Octobre 2011, mes observations automnales sont commencé avec un évènement dont le nom est assez paradoxal, quoique significatif: il s'agit du Jour de la Nuit. Si vous lisez mes précédents CROAs, vous constaterez que je fais partie de ces astronomes qui s'engagent contre l'invasion de la pollution lumineuse sur notre belle planète. Il n'est donc pas surprenant de voir que je tenais absolument à participer au Jour de la Nuit, organisé le Samedi 8! Clin d'œil Pour l'occasion, je me suis rendu une fois de plus dans la Provence Verte, à l'Observatoire de Rocbaron. Quelques amis m'ont rejoint (parmi lesquels Régis que je salue au passage), et le club Cassiopée s'est réuni aux pieds des coupoles. Nous étions sous un ciel très pur. Le Mistral était là aussi, se faisant toutefois discret. Sa mission ne consistait pas à scruter les étoiles, mais plutôt à courtiser les nuages et les emmener au loin! Fidèle à lui-même, ce dernier n'a pas manqué à sa tache, pour notre plus grand bonheur. 

    Nous autres astronomes, petits insectes surexcités à tes pieds, sommes devant toi ô voûte céleste, toi qui te pares d'un manteau étincellant, une parure scintillante que seul l'Automne met en relief! Ta beauté et ta richesse sont inversément proportionnelles à notre pauvre langage qui tente en vain de te décrire par des mots justes. J'ai un jour parlé de splendeur céleste... là, nous avons droit aux secrets de l'Automne: comme attirés par les fraîches odeurs de la forêt, nous savourons les mets de l'Univers... Un délice, un plat cosmique raffiné, où même les champignons ne sont plus vénéneux! Rigolant

    C'est avec trois coupoles et une vingtaine d'instruments que nous comptions accueillir les curieux du ciel... qui furent au rendez-vous! Alors plutôt que de patienter, chaque astronome s'est occupé à pointer un objet: Jupiter dans la grande lunette de 232mm, Andromède dans un newton de 254mm, Albiréo dans mon 114/900... de grands classiques! On pourrait d'ailleurs se demander si, à force d'observer des objets comme M31, de telles merveilles n'auraient pas tendance à s'approcher de nous...! Clin d'œil

    Finalement, le public a apprécié, et ce malgré le froid qui aurait pu en décourager plus d'un. Des hommes, des femmes, tout autant d'adultes qui jetaient un oeil à l'oculaire. Toutefois, quelques enfants se sont montrés... ces derniers voulaient très probablement partir à l'aventure à travers les nébuleuses, au delà des étoiles et planètes. Comme des explorateurs se lançant vers l'inconnu, ces petits astrams en herbe ont pris plaisir à chercher la grande tache rouge de Jupiter ou encore le fin voile bleu des Pléiades. Quoi de plus beau en effet que ces oeuvres infiniment lointaines! Mais peut-être qu'à l'heure actuelle, ces enfants rêvent d'une fusée qui les emportera un jour dans l'espace, à destination de l'Ultime Frontière, que seuls l'Enterprise et l'imagination sont capables d'atteindre... 

     

    Minuit; un bref retour à la réalité. Voilà qu'un camarade me propose de chercher M15. Lui armé du célèbre Pocket Sky Atlas (PSA pour les intimes), moi installé aux commandes du 114/900 paré d'un oculaire de 20mm, nous avons alors entrepris de trouver cet amas globulaire par la méthode des cheminements d'étoiles. Une telle pratique exige un ciel de qualité car en ville, il est parfois difficile de voir les étoiles-repère les moins lumineuses! Oh, quelle recherche intéressante! Devrait-on partir de la constellation de Pégase ou du Chien?  Le cheminement par Pégase ayant été totalement infructueux (!), nous sommes donc "passés" par le Chien. Trois ou quatre étoiles doubles, un astre orangé indiquant le chemin à suivre, et nous avons fini par atterrir à bon port: là gisait un groupe d'étoiles assez bien constitué, d'une couleur blanche à jaunâtre, et dont les contours se dessinaient assez mal. Incertain Sur un fond de ciel très noir, les limites de l'amas semblaient en réalité floues... Cela dit, il faut avoir vu M15 au moins une fois dans sa vie pour se rendre compte qu'il est malgré tout unique. 

    Avant de me retirer, j'ai remarqué que Jupiter se situait en hauteur, suffisamment en tout cas pour que son image ne soit pas affectée par l'atmosphère (ou du moins, pas autant qu'à l'horizon, ce qui est logique!)...  N'hésitant alors pas un seul instant, j'ai mis en place un appareil numérique sur un support prévu à cet effet, au niveau du porte-oculaire. Ca y est, je m'introduisais dans le monde de l'astrophoto... quel début étrange: je ne suis parvenu à photographier les bandes joviennes qu'en flashant accidentellement l'extérieur de mon tube de newton! Peut-être était-ce la première fois que l'on voyait ça en Astronomie! Eh, quitte à parler des anecdotes, autant s'intéresser désormais à la soirée d'observation que j'ai organisé le 1er Novembre, soit juste avant les tristement célèbres orages et inondations que nous avons subi sur quasiment toute la Provence pendant près de dix jours... 

     

    Damnés orages! Comme des arrosoirs géants, ces sombres nuages nous ont submergé, et nous, pauvres astronomes dépendant de la météo, avons vu la terre inondée, et si les plantes n'ont donc pas manqué d'eau, les étoiles, elles, ont longuement attendu avant de se montrer à nouveau... à tel point que de mon côté, je n'ai même pas pu observer l'astéroïde 2005 YU55! Mais qu'importe: étant de nature plutôt chanceux, j'ai pu sortir mon télescope au bon moment. Et c'est ainsi qu'après le Jour de la Nuit, nous nous sommes rassemblés à l'occasion de la Nuit de la Nuit! Non, il vous serait inutile de chercher l'origine de cet évènement sur Internet ou dans les livres, et pour cause: une telle appelation a été officieusement décrétée pour cette soirée! Mais on attribuera cette idée amusante au secrétaire du club Cassiopée qui, s'il lit mes mots, se reconnaîtra et notera que j'ai bien aimé cette nouvelle anecdote...! 

    Ce n'est pas tout; il est important de rappeler qu'à cette époque de l'année, la belle Jupiter ne se promène pas seule. C'est qu'elle aime la bonne compagnie! Dès lors, pendant que la géante gazeuse brillait de toutes ses forces au milieu de la nuit claire, deux autres dames s'avancaient au loin: il s'agissait ni plus ni moins de Neptune, ainsi que la "planète-20 minutes". 

    [Quoi? qu'ai-je donc écrit?

    "L'Astronome Eclipse est devenu fou; il invente des objets célestes au nom saugrenu, et n'en dit pas plus à ce sujet..."] 

    En réalité, vous connaissez tous la "planète-20 minutes". Je n'ai rien inventé! Mais il serait trop aisé de vous livrer le véritable nom de cet objet stellaire... aussi paraît-il beaucoup plus amsuant de vous faire deviner à travers le récit de mes observations: 

    La grande coupole ne présentait aucun signe d'activité, bien qu'étant ouverte. Tandis que j'étudiais les lunes de Jupiter avec attention, les autres astronomes observaient eux aussi, et nous discutions tous dans une ambiance chaleureuse. Cependant, seule une personne ne parlait pas, à savoir André Cassèse. Comme à chaque fois qu'il tente de pointer un objet céleste, on ne l'entendait pas. Mais l'habit ne fait pas le moine... il était en pleine recherche! D'un coup, au bout d'une vingtaine de minutes, nous l'avons entendu nous appeler. Me plaçant alors au bout de la grande lunette, je me suis mis à observer: on voyait là un objet de forme ronde; la moitié gauche semblait plus lumineuse que la droite. Quant à la couleur, on ne pouvait pas mieux la comparer qu'avec cette teinte bleu clair que prend parfois le Jaspe; bleu à vert, très peu foncé, presque autant qu'un turquoise qui aurait pâli avec le temps... A l'oculaire, l'objet céleste se dessinait bien sous un grossissement de 300 fois. Hélas, une fine brume est venue nous "embêter" à ce moment-là, en se logeant pile devant notre cible! Criant Quelle contrainte le ciel venait-il de nous assigner! Mais l'Astronomie est école de patience... nous nous sommes donc posé et avons ainsi attendu que l'image soit à nouveau nette... ce qui a fini par arriver. Le Cosmos se décidait enfin à nous offrir la récompense céleste tant convoitée!... 

    Vous en avez désormais beaucoup appris à propos de la planète-20 minutes... Quel est donc son vrai nom? Auriez-vous une idée? 

     

    Evidemment, je parlais d'Uranus. Il faut dire cependant qu'en raison de la présence de cette brume diabolique, distinguer Neptune d'Uranus n'a pas été chose facile, surtout en l'absence de détails! Mais au fond, l'étude du ciel n'est-elle pas avant tout un exercice absolu de reconnaissance des objets à partir d'une simple image? Les apparences constituent parfois des illusions d'optique qui nous trahissent beaucoup plus que n'importe quoi d'autre, mais n'oublions pas ce dont nous sommes capables face à nos observations! 

    Au fait, pourquoi parle-t-on de "20 minutes"? Et bien, aussi étrange que cela puisse paraître, un bon nombre d'astronomes de mon entourage détecte visuellement Uranus en une vingtaine de minutes! Est-ce un hasard? Probablement... ce qui n'exclut pas un apsect presque comique à cette constatation! Sourire

    Cette soirée quelque peu amusante s'est poursuivie au C11 de la seconde coupole. S'il fallait résumer ce qui s'est avéré être une observation plutôt "risquée" à une heure pareille en raison de la brume qui s'imposait de plus en plus, je ne dirais qu'un mot: Hélix. Oui, observer cette nébuleuse discrète qui se fond dans un brouillard lointain, c'est assez risqué, notamment dans le sens où le résultat à l'oculaire peut parfois être décevant. Cependant, "qui ne tente rien n'a rien"... dès lors, bravant le froid, mais surtout cette abominable brume qui, d'ailleurs, amplifiait le halo de pollution lumineuse de Toulon, nous avons essayé de trouver ce fameux objet céleste... coup de chance: une forme arrondie, grisâtre, est apparue à nos yeux! Cool Avions-nous finalement réussi? A moitié seulement, car les conditions étaient médiocres, ce qui dégradait fortement la beauté de notre chère Hélix. Quel dommage! Il n'y a eu aucun regret toutefois, car chacun savait à quoi s'attendre. La prochaine fois sera peut-être la bonne!... 

     

    Ainsi s'est achevé cet agréable moment durant lequel j'ai pu voir des merveilles. Comme toujours, l'Univers me fascine, et de telles soirées me poussent à ressortir lors de futures nuits. La lassitude n'est pas prête de m'atteindre! Le ciel est un monde si immense et si infini que l'on n'en fait jamais le tour... Il s'agit là d'un fantastique trésor, mais pour s'en emparer, mieux vaut ne pas s'endormir trop tôt... quoique, se coucher vers trois ou quatre heures du matin, ça offre des avantages quand on est un curieux du ciel...!

  • Splendeur céleste...

    Pour mieux apprécier ce que je m'apprête à vous raconter, il nous faut d'abord évoquer le fait que la plupart des astronomes sont conditionnés lors de leurs séances d'observation. Non, il n'est pas ici question d'une censure ou d'un quelconque manque de savoir et de matériel. 

    Hélas, je parle plutôt de la pollution lumineuse... celle qui s'étend sur les trésors de la Nature et qui, au nom du progrès, mais aussi au nom d'une sécurité bien trop factice, s'emploie malgré elle à réduire en cendres ce qui nous est finalement le plus cher, à savoir notre berceau. Mais le territoire de l'aigle électrique a des limites, et l'obscurité possède encore quelques bastions dans le monde. Par chance, j'ai pu m'introduire au sein de l'un d'eux, et plus particulièrement dans celui que l'on trouve en France, en plein coeur de la Corrèze. C'était le 8 Août 2011... 

     

    L'Observatoire des Monts de Guéret n'était pas très loin, mais pour diverses raisons, je ne pouvais m'y rendre. Au tout début de mon séjour en Corrèze, j'ai donc décidé de m'installer à quelques kilomètres d'Egletons. Là-bas se trouvait un petit camping presque dépourvu d'éclairage, entouré d'une forêt assez dense, suffisamment haute pour cacher le halo des villages voisins. Après avoir trouvé un coin dégagé et parfaitement orienté, j'ai donc aménagé l'espace de campement et patienté jusqu'à la tombée du jour. 

    Au milieu d'une étendue d'herbe verte bien épaisse et élégante, ma lunette astronomique trônait, là, du haut d'un trépied pour appareil photo, amélioré et renforcé par mes soins. J'apprécie cet instrument car, avec un diamètre de 70mm pour 350mm de focale, il s'avère peu encombrant et facilement transportable. Sourire

     

    Le chant des oiseaux se mêlait au bruit d'un ruisseau situé en contrebas. Pendant que le Soleil s'approchait de l'horizon, les derniers avions rentraient à l'aérodrome et les randonneurs repartaient vers leurs gîtes. Peu à peu, la vie corrézienne commençait à s'endormir. Moi, en revanche, j'attendais la venue du ciel nocturne... La Lune suivait le dieu solaire, et une longue traînée blanchâtre se dessinait lentement derrière elle. Lorsque j'ai pris place à côté de la lunette, le ciel m'a paru étrange... il y avait une quantité infinie d'étoiles! Surpris Pourtant, il n'était que 22h environ, mais on pouvait déjà observer quelque chose de rare, c'est-à-dire un "vrai" ciel. Je dis qu'il s'agit là d'un ciel étrange car je n'en avais jamais vu comme tel. Quel spectacle grandiose! Une vue merveilleuse... Ce n'est pas une exagération de dire qu'on se croyait dans un Univers féérique, symbole d'une puissance céleste naturelle et rayonnante, surpassant tout ce dont l'Homme peut rêver. Tant d'étoiles, et de si belles couleurs allant du bleu au jaune! C'est certain, je n'étais presque plus sur Terre à ce moment-là. La majesté du Cosmos m'avait envahi... à tel point que je ne savais plus où donner de la tête! La Voie Lactée semblait si fine que j'aurais pu dessiner son contour, - chose que je regrette finalement de n'avoir pas fait, bien que ce n'est que partie remise-. Les différentes zones de la galaxie se distinguaient clairement. De même, plusieurs nébuleuses apparaissaient à l'oeil nu! J'étais littéralement déboussolé face à de telles merveilles... Au bord de l'horizon Sud se trouvait la constellation du Sagittaire. D'habitude, lorsque j'observe cette zone du ciel depuis la ville, je ne parviens à voir que la nébuleuse de la Lagune, ainsi que M17. Quant au reste, les lumières artificielles s'en emparent! Et bien, cette nuit-là, j'ai enfin eu la possibilité de pouvoir regarder tous les objets célestes de cette constellation ô combien riche en étoiles! M8, M20, M17, M28 puis M18, et tous les autres... J'ai ainsi scruté chaque amas, chaque nébuleuse. Quel instant extraordinaire! A force de passer d'un objet à un autre, je ne savais même plus ce que j'observais! Ma promenade spatiale m'envoyait dans diverses régions... La vue était à chaque fois unique et surprenante. Clin d'œil

     

    En fait, j'ai passé une soirée pour le moins magique. Je ne saurais dire quels oculaires j'ai utilisé; je ne m'en souviens pas, à ceci près que je n'ai observé que sous de faibles grossissements. D'ailleurs, la lunette ne m'a pas servi complètement, car j'ai également employé mes jumelles Bresser 10x50... Il est clair que de gros télescopes auraient donné un spectacle visuel d'un genre à part, mais je ne regrette pas d'être resté avec des "instruments de voyage", car cela a également son charme et ses avantages! 

    Il y a autre chose que j'aimerais vous raconter: 

    Il est évident qu'à cette période de l'année, les Perséïdes se révèlent dans le ciel nocturne... Bien-évidemment, ces dernières étaient présentes cette nuit-là, et ce qui est fabuleux, c'est que j'en ai vu un bon nombre. Toutes belles, ces étoiles filantes se sont illuminées devant moi, comme des torches s'enflammant en un clin d'oeil, et s'éteignant aussitôt pour disparaître dans l'ombre de la Terre. Grandes, brèves, vives et imprévisibles... Les Perséïdes ont toujours intrigué l'Homme. En ce 8 Août, peut-être en ai-je aperçu une dizaine, mais qu'importe la quantité, leur vue m'a fait plaisir... 

     

    Imaginez: Un ciel cristallin unique, aucun nuage, avec un environnement terrestre calme et reposant... et seulement deux yeux pour profiter d'un spectacle sensationnel! J'aurais voulu que les secondes soient des années! Quel astronome n'a jamais rêvé d'un tel cadre? Qui n'a jamais voulu admettre que le ciel est un véritable bijou? Je vous le demande. 

     

    Hélas, et comme certains aiment le dire: toutes les bonnes choses ont une fin... Déçu

    Progressivement, l'humidité et le froid s'installaient. J'ai donc été obligé de rentrer en milieu de nuit, sous peine d'être malade par la suite! Mais je n'ai pas regretté car, même si je n'ai observé que durant quelques heures, j'en garde d'excellents souvenirs, à tout jamais. C'était trop beau pour être oublié... Et oui, il y a des choses qui marquent. J'ai beau être astronome depuis longtemps, le ciel étoilé me surprend encore de temps à autre! 

     

    Tandis que je m'apprête à achever ce CROA, je viens de m'apercevoir que les aspects techniques et les données purement scientifiques de ma soirée d'observation n'ont pas eu droit à une place importante. Ceci n'est pas volontaire... Cependant, je ne m'appliquerai pas à changer mon récit, car pour cette fois, mon but n'est pas de vous donner un rapport technique. Il se trouve que j'ai simplement laissé mes idées venir, et le fait de vous transmettre ma passion et mes souvenirs me rend heureux. D'ailleurs, si vous lisez cette phrase, on peut alors en déduire que cela vous a plu! 

     

    Il se pourrait que le ciel d'Automne soit une source d'inspiration tout aussi intéressante... ce qui me conduit à dire que d'autres CROAs viendront probablement sous peu Rigolant ...

  • Question universelle.

    Une interrogation, une seule. Elle se suffit à elle-même... 

    Le ciel est une question qui se pose naturellement depuis 13,7 milliards d'années. L'Univers est synonyme de mystère et d'inconnu... Nous avons toujours cherché pourquoi, car nous ne voulons qu'une chose: le comprendre. 

     

    Cela fait longtemps que j'observe les étoiles. Je sais que la Terre tourne. Il existe d'autres galaxies dans "l'espace". La Ceinture de kuiper renferme certainement des objets célestes similaires à Pluton... Je sais aussi qu'on ne pourra jamais regarder toutes les étoiles. La limite de l'Univers est inatteignable tant que l'expansion a lieu, - si expansion il y a-. La vie ne peut se développer sur les planètes situées en dehors de la zone habitable de chaque système solaire. Et après? L'étude du ciel s'arrête-elle maintenant? Avons-nous tout découvert et tout compris? Sommes-nous certains de ce que nous savons? La réponse est bien évidemment NON. Mais à peine avons-nous répondu qu'une autre question apparaît... En effet, quel chemin faut-il encore parcourir? Et c'est ainsi qu'à chaque fois qu'une énigme sera résolue, il faudra à nouveau méditer sur "notre savoir", car il n'y a aucune limite... 

     

    L'Homme ne cesse de progresser. Nos scientifiques s'affairent à étudier l'Univers, de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Nous autres, grands curieux, nous dévorons les livres, apprenons et écoutons. Nous observons et cherchons aussi... C'est un point commun à tous. Dès lors, le questionnement est universel, propre à guider chaque être vivant vers un seul et unique point. Et ce point est incarné par la voûte céleste. Oui, le ciel n'est pas seulement un spectacle offert aux astronomes. C'est également notre passé. Aussi rapide est-elle, la lumière des étoiles nous apporte l'image d'un monde qui a déjà changé. L'Homme est donc confronté à l'étude de faits anciens, ce qui l'incite à prendre conscience de son futur... Quelle situation intéressante! Etudier son passé pour préparer l'avenir. Mais alors, comprendre le ciel, c'est un peu comme donner un sens à sa vie? Toujours les questions, auxquelles il est parfois long et dur de répondre. De temps à autre, cette tache paraît même impossible. 

     

    On trouve ici la source de notre émerveillement face à l'Univers. L'Astronomie remet l'Homme à sa place et lui ouvre les yeux. Certes, tout le monde n'y est pas sensible, ou du moins, pas directement ou consciemment. A ce propos, le célèbre astronome Camille Flammarion disait: "N'est-il pas étrange que les habitants de notre planète aient presque tous vécu jusqu'ici sans savoir où ils sont et sans se douter des merveilles de l'Univers?"... Curieux hasard ou étrange coïncidence, on voit à travers cette belle citation que Camille lui-même s'interrogeait sur le monde qui l'entourait... La volonté de comprendre est décidément partout! Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'on la qualifie volontiers "d'universelle"... On s'est tous dit un jour qu'on ne sait peut-être pas tout. 

     

    La curiosité, la soif d'apprendre, voici le fondement de l'esprit humain. L'astronome, lui, pense de la même manière: il s'interroge et veut aller plus loin à chaque fois qu'il en a l'occasion. Le monde est si riche et si fabuleux qu'on aurait tort de l'ignorer... 

    Le ciel reste à découvrir pour l'éternité.