Oculaires Mizar SPL

Test: Oculaires Mizar SPL

Focales 6 et 20mm

 

 

Les oculaires testés sont vendus en exclusivité par le magasin Nature&Découvertes, sous la marque Mizar.

Ce test est réalisé par Eclipse, astronome fondateur du site Astropleiades. L'objectif est de connaître les capacités, avantages, inconvénients des produits concernés.

 

 

 


I) Conditions de réception du produit.

 

Tout d'abord, les oculaires Mizar sont vendus séparément. Chaque accessoire est fourni dans une boîte en carton, dans laquelle se trouve une autre boîte en plastique blanche de forme cylindrique, en deux parties. L'oculaire est à l'intérieur, emballé dans un sachet en plastique fin. L'ensemble amortit plutôt bien les vibrations, et le produit ne bouge pas.

Oculaires Mizar SPL (photo issue du site de Nature&Découvertes)

 

 


II) Présentation du produit.

 

L'oculaire de 20mm est de couleur noire. Il mesure 53mm de hauteur, avec un œilleton de 6mm, et est au coulant de 31,75mm. Quant à la masse, la balance indique 80 grammes.

L'oculaire de 6mm, quant à lui, (de couleur noire également), mesure 34mm de hauteur, avec un œilleton de 6mm, et est aussi au coulant de 31,75mm. La balance indique 50 grammes.

Chaque oculaire possède un champ de 52°. Contenant quatre lentilles traitées multicouches, ce sont ici des oculaires super-Plössl.

 

Lors de son apparition sur le marché en 2011, cette gamme était accessible à 39€ l'unité (hormis le 32mm disponible à 69€).*

(*: Le tarif indiqué correspond au prix fixé lors mon achat; il peut varier selon les magasins et/ou dans le temps. C'est donc une information indicative uniquement)

 

 

 


III) Utilisation du produit.

 

Date: Samedi 20 et Dimanche 21 Août 2011 – de 21h à 02H;

 

Matériel: _Newton Mizar 114/900 sur monture équatoriale 1 motorisée en ascension droite,

_Maksutov Orion 127/1500 sur monture Skyview Pro motorisée en ascension droite et en déclinaison;

 

Altitude du lieu d'observation: 400m;

 

Température extérieure: 32 à 17°C;

 

Humidité: 20 à 40%.

 

 

Description de la soirée de test:

 

Une fois le Soleil couché, j'effectue la mise en station. L'oculaire de 20mm est installé dans le porte-oculaire. L'équilibre du télescope ne semble pas perturbé par le poids du 20mm, ce qui élimine une contrainte.

Au bout d'une vingtaine de minutes, le 114 est correctement mis en température. Alors que le ciel est désormais noir, je décide de pointer une étoile qui me servira de premier essai. Je pointe alors Albiréo... l'étoile double se dessine parfaitement, avec deux couleurs bien distinctes. A ce moment là, on a un grossissement de 45 fois.

Au centre de l'image, l'objet céleste n'est pas déformé. Puis, en approchant l'objet vers le bord, je ne constate aucun changement. Étonné, je continue à décaler l'objet jusqu'à ce qu'il atteigne l'extrême bord, à moins de 2° de la limite de l'image... ce n'est qu'à partir de là que je distingue un léger changement d'apparence, comme si l'étoile double se dotait d'une traînée similaire à celle des comètes. Cette forme n'est pas surprenante puisque j'utilise un télescope de type newton.

 

Afin d'être sûr que ces premiers résultats soient fiables, je réalise la même opération avec l'étoile Véga de la Lyre. Une fois encore, l'objet céleste ne se déforme qu'au moment où il s'apprête à disparaître du champ. En comparant l'image obtenue avec celle donnée par le 127/1500, je constate que la déformation typique liée aux miroirs du newton ne figure pas sur l'image du maksutov.

 

Albiréo et Véga apparaissent bien nettes, de forme ronde, avec un éclat régulier. Sur le newton, les aigrettes dues à l'araignée du miroir secondaire sont équiréparties et droites.

 

Je m'intéresse désormais au ciel profond en orientant le tube vers la nébuleuse planétaire M57, dite « nébuleuse de l'anneau ». Le recherche de cet objet étant délicate au pointeur, j'affine le pointage en regardant à l'oculaire (ceci étant d'ailleurs le protocole habituel). Je remarque alors que l'image est lumineuse et claire, ce qui me permet de trouver M57 rapidement. La nébuleuse est légèrement plus large que les étoiles et de couleur grisâtre, mais demeure bien nette. L'image est très bien piquée, à tel point qu'on distingue parfaitement le bord blanc de l'objet.

 

 

Par la suite, la Lune et Jupiter se levant au dessus de l'horizon, je décide de tester le 6mm...

 

Je pointe d'abord Jupiter; avec le 20mm, la planète se dessine avec quatre satellites. Trois bandes sont visibles à première vue, mais trois autres sont discernables. On notera surtout que deux tempêtes se dessinent à la surface. Je confirme alors cette observation avec le 6mm qui montre clairement ces deux détails inattendus. Avec un grossissement de 150 fois, on voit donc là deux formes rondes mais irrégulières, dont le diamètre dépasse à peine celui de la bande concernée. La tempête la plus grosse semble être orangée tandis que la seconde paraît gris foncé. Toujours est-il que toutes deux ont une texture cotonneuse, avec un bord « effiloché ».

Enfin, l'ombre de l'un des satellites figure à la surface de la planète, du côté ouest. Sa trajectoire est facile à suivre, et ce même avec un tel grossissement. Néanmoins, la motorisation du télescope est très appréciée dans ce cas.

 

C'est ensuite au tour de la Lune de servir de test... l'astre sélène est quasiment sous forme de quartier (en ce week-end du 21 Août, la Lune est descendante). La surface étant illuminée à 50,4%, on a un terminateur plutôt intéressant pour étudier les ombres dissimulées dans les cratères... Avec le 20mm, la Lune est encore entière dans le champ de vision, bien que de nombreux détails sont déjà bien observables. Une impression de relief semble se dégager de l'image.

La luminosité, quant à elle, n'est pas des plus excessives. Cela dit, l'usage d'un filtre lunaire ND96 offre « un éclairage plus approprié », sans pour autant assombrir l'objet céleste. Toutefois, ceci n'est valable qu'à faible grossissement, car à partir du moment où j'observe avec le 6mm, le filtre n'est plus justifié (!).

 

Après avoir employé le 20mm accompagné d'une Barlow x2, je m'oriente vers le 6mm pour enfin connaître ses capacités vis-à-vis de la surface lunaire... je m'accorde à dire qu'on obtient une image littéralement différente de ce qu'on a habituellement avec des grossissements ne dépassant pas 100 fois. On n'est pourtant qu'à 150 fois, et les cratères sont tout juste reconnaissables. Au lieu d'être blanchâtre, la zone apparaît sombre, en penchant vraiment vers le gris foncé. L'image est suffisamment lumineuse et claire. La surface ressemble à celle d'une éponge très dense, ou bien une pierre ponce... les courbes des cratères viennent se confondre avec les fissures et les falaises des plateaux. Les contours sont très nets, si bien que l'on peut les décrire avec précision: de nombreux rochers sont glissés entre les creux, formant souvent des ravins ou des éboulements sur les pentes. On se rend également compte que les pics centraux, situés au centre des cratères, n'ont pas l'air si « pointus »; certains sont d'ailleurs très affectés par les mouvements géologiques d'autrefois.

 

Ce n'est au bout d'un certain temps que je parviens à reconnaître les environs du cratère Parrot V, non-loin d'Alphonsus et Ptolemae, ce qui prouve que l'oculaire de 6mm nous rapproche déjà beaucoup de la Lune. Et nous n'en sommes qu'à 150 fois de grossissement...

 

 


IV) Conjecture finale.

Si je devais mettre une note à ces deux oculaires, j'attribuerais un 9/10.

Les oculaires Mizar sont d'excellents super-Plössl à mes yeux. Pourvus d'un très bon rapport qualité/prix, leurs performances sont à la hauteur de ce qu'attend l'observateur. Les images obtenues sont satisfaisantes dans la mesure où l'on a une vision nette et précise. Le bord de champ ne présente quasiment aucun défaut majeur, et l'image est bien piquée. Les couleurs ressortent parfaitement. Certains observateurs pourront éventuellement leur reprocher d'avoir un champ réduit de 52°, chose qui n'est cependant pas gênante selon moi. En effet, dans le cas de mes observations, un champ plus large n'est pas spécialement justifié.

Ces accessoires sont en réalité identiques à la série Meade 4000. Seuls l'apparence et le prix sont différents. En fonction du budget de chacun, cela peut donc être un avantage...

 

Il est fort à parier que les deux autres oculaires de l'actuelle gamme sont aussi intéressants à tous les niveaux. Dans un avenir proche, cela fera donc l'objet d'un complément d'étude pour ce test.

 

L'Astronome Eclipse

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