Splendeur céleste...

Pour mieux apprécier ce que je m'apprête à vous raconter, il nous faut d'abord évoquer le fait que la plupart des astronomes sont conditionnés lors de leurs séances d'observation. Non, il n'est pas ici question d'une censure ou d'un quelconque manque de savoir et de matériel. 

Hélas, je parle plutôt de la pollution lumineuse... celle qui s'étend sur les trésors de la Nature et qui, au nom du progrès, mais aussi au nom d'une sécurité bien trop factice, s'emploie malgré elle à réduire en cendres ce qui nous est finalement le plus cher, à savoir notre berceau. Mais le territoire de l'aigle électrique a des limites, et l'obscurité possède encore quelques bastions dans le monde. Par chance, j'ai pu m'introduire au sein de l'un d'eux, et plus particulièrement dans celui que l'on trouve en France, en plein coeur de la Corrèze. C'était le 8 Août 2011... 

 

L'Observatoire des Monts de Guéret n'était pas très loin, mais pour diverses raisons, je ne pouvais m'y rendre. Au tout début de mon séjour en Corrèze, j'ai donc décidé de m'installer à quelques kilomètres d'Egletons. Là-bas se trouvait un petit camping presque dépourvu d'éclairage, entouré d'une forêt assez dense, suffisamment haute pour cacher le halo des villages voisins. Après avoir trouvé un coin dégagé et parfaitement orienté, j'ai donc aménagé l'espace de campement et patienté jusqu'à la tombée du jour. 

Au milieu d'une étendue d'herbe verte bien épaisse et élégante, ma lunette astronomique trônait, là, du haut d'un trépied pour appareil photo, amélioré et renforcé par mes soins. J'apprécie cet instrument car, avec un diamètre de 70mm pour 350mm de focale, il s'avère peu encombrant et facilement transportable. Sourire

 

Le chant des oiseaux se mêlait au bruit d'un ruisseau situé en contrebas. Pendant que le Soleil s'approchait de l'horizon, les derniers avions rentraient à l'aérodrome et les randonneurs repartaient vers leurs gîtes. Peu à peu, la vie corrézienne commençait à s'endormir. Moi, en revanche, j'attendais la venue du ciel nocturne... La Lune suivait le dieu solaire, et une longue traînée blanchâtre se dessinait lentement derrière elle. Lorsque j'ai pris place à côté de la lunette, le ciel m'a paru étrange... il y avait une quantité infinie d'étoiles! Surpris Pourtant, il n'était que 22h environ, mais on pouvait déjà observer quelque chose de rare, c'est-à-dire un "vrai" ciel. Je dis qu'il s'agit là d'un ciel étrange car je n'en avais jamais vu comme tel. Quel spectacle grandiose! Une vue merveilleuse... Ce n'est pas une exagération de dire qu'on se croyait dans un Univers féérique, symbole d'une puissance céleste naturelle et rayonnante, surpassant tout ce dont l'Homme peut rêver. Tant d'étoiles, et de si belles couleurs allant du bleu au jaune! C'est certain, je n'étais presque plus sur Terre à ce moment-là. La majesté du Cosmos m'avait envahi... à tel point que je ne savais plus où donner de la tête! La Voie Lactée semblait si fine que j'aurais pu dessiner son contour, - chose que je regrette finalement de n'avoir pas fait, bien que ce n'est que partie remise-. Les différentes zones de la galaxie se distinguaient clairement. De même, plusieurs nébuleuses apparaissaient à l'oeil nu! J'étais littéralement déboussolé face à de telles merveilles... Au bord de l'horizon Sud se trouvait la constellation du Sagittaire. D'habitude, lorsque j'observe cette zone du ciel depuis la ville, je ne parviens à voir que la nébuleuse de la Lagune, ainsi que M17. Quant au reste, les lumières artificielles s'en emparent! Et bien, cette nuit-là, j'ai enfin eu la possibilité de pouvoir regarder tous les objets célestes de cette constellation ô combien riche en étoiles! M8, M20, M17, M28 puis M18, et tous les autres... J'ai ainsi scruté chaque amas, chaque nébuleuse. Quel instant extraordinaire! A force de passer d'un objet à un autre, je ne savais même plus ce que j'observais! Ma promenade spatiale m'envoyait dans diverses régions... La vue était à chaque fois unique et surprenante. Clin d'œil

 

En fait, j'ai passé une soirée pour le moins magique. Je ne saurais dire quels oculaires j'ai utilisé; je ne m'en souviens pas, à ceci près que je n'ai observé que sous de faibles grossissements. D'ailleurs, la lunette ne m'a pas servi complètement, car j'ai également employé mes jumelles Bresser 10x50... Il est clair que de gros télescopes auraient donné un spectacle visuel d'un genre à part, mais je ne regrette pas d'être resté avec des "instruments de voyage", car cela a également son charme et ses avantages! 

Il y a autre chose que j'aimerais vous raconter: 

Il est évident qu'à cette période de l'année, les Perséïdes se révèlent dans le ciel nocturne... Bien-évidemment, ces dernières étaient présentes cette nuit-là, et ce qui est fabuleux, c'est que j'en ai vu un bon nombre. Toutes belles, ces étoiles filantes se sont illuminées devant moi, comme des torches s'enflammant en un clin d'oeil, et s'éteignant aussitôt pour disparaître dans l'ombre de la Terre. Grandes, brèves, vives et imprévisibles... Les Perséïdes ont toujours intrigué l'Homme. En ce 8 Août, peut-être en ai-je aperçu une dizaine, mais qu'importe la quantité, leur vue m'a fait plaisir... 

 

Imaginez: Un ciel cristallin unique, aucun nuage, avec un environnement terrestre calme et reposant... et seulement deux yeux pour profiter d'un spectacle sensationnel! J'aurais voulu que les secondes soient des années! Quel astronome n'a jamais rêvé d'un tel cadre? Qui n'a jamais voulu admettre que le ciel est un véritable bijou? Je vous le demande. 

 

Hélas, et comme certains aiment le dire: toutes les bonnes choses ont une fin... Déçu

Progressivement, l'humidité et le froid s'installaient. J'ai donc été obligé de rentrer en milieu de nuit, sous peine d'être malade par la suite! Mais je n'ai pas regretté car, même si je n'ai observé que durant quelques heures, j'en garde d'excellents souvenirs, à tout jamais. C'était trop beau pour être oublié... Et oui, il y a des choses qui marquent. J'ai beau être astronome depuis longtemps, le ciel étoilé me surprend encore de temps à autre! 

 

Tandis que je m'apprête à achever ce CROA, je viens de m'apercevoir que les aspects techniques et les données purement scientifiques de ma soirée d'observation n'ont pas eu droit à une place importante. Ceci n'est pas volontaire... Cependant, je ne m'appliquerai pas à changer mon récit, car pour cette fois, mon but n'est pas de vous donner un rapport technique. Il se trouve que j'ai simplement laissé mes idées venir, et le fait de vous transmettre ma passion et mes souvenirs me rend heureux. D'ailleurs, si vous lisez cette phrase, on peut alors en déduire que cela vous a plu! 

 

Il se pourrait que le ciel d'Automne soit une source d'inspiration tout aussi intéressante... ce qui me conduit à dire que d'autres CROAs viendront probablement sous peu Rigolant ...

Splendeur céleste 8 Août 2011

Commentaires (1)

LiLiie
  • 1. LiLiie | 02/11/2011
Très beau récit, on croit y être quand on le lit :) Merci

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