Promenade au clair de Lune

6h50. 

La nuit va bientôt prendre fin. Il ne fait pas tout-à-fait jour, le Soleil dort toujours... Le monde se lève, c'est le matin.

Les lumières de la ville s'éteignent peu à peu. Les rues sont calmes et désertes. Derrière les fenêtres des immeubles, la vie somnole: les uns se réveillent, d'autres surveillent, et certains encore font les morts.

Pendant ce temps, et tandis que j'avance, seul, perdu dans mes rêves, les étoiles travaillent: elles luttent contre l'aube, contre cette aurore qui s'impose désormais. Je n'y prête pas attention malgré l'arrivée d'Orion au dessus des réverbères. Pourtant, quelque chose m'attire, m'interpelle.

Un murmure, un appel au loin. Un éclat capté par mon oeil.
Oui, elle m'intrigue, je ne peux pas m'empêcher de poser mon regard sur elle.
Il est 7h00 et je longe la Porte d'Italie... A ma droite les canons de Napoléon attendent le signal. J'ai la tête ailleurs, ils ne tireront pas aujourd'hui. Mais ce n'est pas cette Porte qui m'attire ainsi. Ce qui brille se trouve plus loin.

Voilà déjà la place du marché. Les restaurants ouvrent à peine. Une formidable odeur de croissants chauds me chatouille les narines. Le fleuriste déballe ses fleurs à côté du bouquiniste et du bijoutier. Avec le ciel bleu marine cela donne une ambiance assez inattendue: cette ville revêt mille allures au fil des heures. Quel charme... et cette chose qui continue de briller...

7h10. 

L'ultime boulevard. Les voitures me paraissent bien plus nombreuses que tout-à-l'heure, mais au moment où la ville dévoile ses activités diurnes je m'échappe. Devant moi se dresse le port. Toujours ce murmure qui ne cesse de m'appeler. Je m'engage sur le quai numéro trois et valide mon ticket.

Un ticket pour la mer. Une entrée pour s'évader. S'extraire du temps, du continent, avant d'aller travailler. L'immensité bleue, les bateaux, les mouettes (pour une fois discrètes!), tout est parfait. Qu'importe la destination, je pars à l'aventure comme chaque jour. Qui sait ce qui peut se produire... Les rencontres hasardeuses deviennent parfois de belles aventures.

Alors mon bateau s'élance et quitte le port...
Ah! Méditerranée, je glisse entre tes vagues, au milieu de l'onde et des voiliers! N'es-tu pas la plus belle? La plus douce? La plus énigmatique aussi?
A travers le hublot, je distingue l'éclat de lumière qui m'intriguait tant. Son appel se fait toujours entendre, les étoiles m'en sont témoins. Jupiter qui brillait fort bien a disparu... La voûte céleste s'est éclaircie et je reconnais alors ce qui faisait l'objet de mon attention... 

Quartier lunaire (7 Juin 2014)

C'est bien toi, dame Lune! Toi donc, lorsque je me suis levé, qui m'as appelé!
Toi qui d'une rue à l'autre tentais de m'envoûter avec ta douce mélodie! Et par ta beauté! Ah, jolie Lune! Tu essayais de t'approcher de moi! Et dans les méandres de mon esprit, dans les abysses de mon être encore endormi, je ne te reconnaissais pas... Toi charmante Lune, celle qui par coutume se nomme la reine de la Nuit, tu étais là. Perdue dans le cosmos, abandonnée par tes admirateurs tu perdais tout repère... Tes cris de détresse, personne n'en a fait de cas. Quel triste moment! Mais désormais ta solitude s'achève. Me voilà.

Le Soleil se dresse enfin sur la rade. L'architecture de la ville se dessine nettement. La brume subsiste par endroits et le Mont Faron se cache encore dans les nuages. Plus rien ne nous atteint. Les étoiles s'endorment, la nuit s'efface... 
Repose-toi Belle Lune. Rendez-vous demain matin. 

16 Septembre 2014

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×