15ème Festival d'Astronomie de Rocbaron

Cet évènement n'a lieu qu'une fois par an. D'une durée de trois jours et trois nuits, le Festival de Rocbaron semble toujours être trop court, mais il est si intense que l'on ne s'ennuie absolument pas! Pour sa 15ème édition, le succès est au rendez-vous... une fois de plus. Sourire
Tout a commencé le Vendredi après-midi, avec une très belle projection en 3 dimensions sur le thème de l'Univers. Mais n'ayant pas pu venir ce jour-là, je vais plutôt raconter ce que j'ai vécu le Samedi 20 et Dimanche 21 Août...

Observatoire de Rocbaron (image prise par l'astronome Eclipse)
Samedi, l'après-midi. C'est vers 14h30 que j'arrive. Le Soleil est éclatant! Aucun nuage, le vent est très léger, et la température s'élève à 35°C. Cool La colline de l'observatoire est assez tranquille. Les cigales chantent pendant que plusieurs astronomes discutent autour de leurs instruments. Ces derniers sont peut-être au nombre de 30, si ce n'est plus. En traversant l'étendue d'herbe sèche et jaune, je m'amuse à voir la variété des télescopes et lunettes: dobson 150/1200, lunette 80ED, maksutov 127/1500, LX200, 114/900, etc... A ma grande surprise, beaucoup d'instruments sont installés en contrebas, tandis que les coupoles restent peu entourées. La place et le dégagement du ciel ne manquent pas; chacun pourra donc observer à sa guise! Après avoir vu cette curiosité, je me dirige vers la grande coupole dans laquelle je trouve André Cassèse, qui se prépare à recevoir des "curieux du ciel" dans la soirée... au total, la quantité de visiteurs s'élèvera finalement à environ 1200 personnes! Mais au moment où nous en parlons, nous n'avons pas encore la moindre idée de ces statistique même si, la veille, près de 500 personnes étaient sur les lieux! Rigolant

 Plusieurs instruments au pied des coupoles (image prise par l'astronome Eclipse)
Voilà que 15h sonne à ma montre. C'est à cet instant que commence la conférence proposée par Roger FERLET, astrophysicien au CNRS. Aujourd'hui, c'est la recherche des planètes extrasolaires qui est présentée... quel sujet passionnant! Il suffit simplement de penser à l'immensité de notre monde; combien de planètes avons-nous encore à découvrir? Mystère. Peut-être connaissons-nous seulement un millier de ces objets... dont moins d'une cinquantaine est éventuellement habitable... ou habitée? Là aussi, l'être humain n'en est qu'au "préambule" de l'aventure scientifique. Il en va de même pour les moyens de recherche, car nous avançons en même temps que notre possibilité d'affiner nos résulats! Qui sait, le jour viendra où l'Homme découvrira une planète similaire à la nôtre... d'ailleurs, ce moment pourrait ne pas être aussi loin dans l'avenir selon les scientifiques. Cependant, il ne faut pas oublier que les méthodes de recherche, aussi pointues et multiples soient-elles, restent complexes et souvent longues à mettre en oeuvre. Vous l'aurez compris, c'est de tout cela que Roger FERLET nous parle, et pendant plus d'une heure, le public et moi-même prenons plaisir à écouter tout en scrutant l'écran. Ce dernier montre de nombreux graphiques, ainsi que plusieurs images d'artistes bien agréables pour nos yeux! N'est-ce pas merveilleux d'imaginer un corps céleste, parfois coloré, suffisamment puissant pour tourner autour d'un astre durant des millions d'années? Clin d'œil Il est aisé de penser à des systèmes solaires entiers, disséminés partout dans notre galaxie, pouvant contenir une ou plusieurs planètes de taille et de type variable, avec ou sans satellites naturels autour...
Il est déjà 16h20 quand je pars observer le Soleil. Oui, les astronomes n'observent pas seulement la nuit! Et le ciel diurne demeure très intéressant. Notre étoile offre un spectacle sensationnel! Protubérances, tâches solaires, surface dite "en grains de riz", ... quel que soit l'instrument utilisé, je suis ébahi par les images! C'est certainement avec le PST que j'apprécie le mieux notre Soleil, comme à chaque fois finalement. On n'aura qu'à appeler ça "l'appel du H-Alpha"!!! Clin d'œil

17h. Je rentre à la maison pour préparer le télescope et me restaurer. Le temps passe si vite. Dès lors, je me retrouve prêt à partir malgré moi à 20h30. Comme d'habitude, le Mizar 114/900 m'accompagne... à ceci près que pour l'occasion, je vais enfin pouvoir tester mes nouveaux oculaires, à savoir un Mizar SPL 20mm et 6mm. Il s'agit simplement de la série 4000 Meade vendue sous une autre marque, mais la qualité et performances sont exactement les mêmes! 

 

Nous arrivons donc à l'observatoire vers 21h... Le "parking des astronomes" est ouvert. Après avoir garé la voiture et transporté tout le matériel, nous nous installons entre la grande et la petite coupole pour éviter de gêner les autres astrams. Aux côtés de mon 114, un ami prépare son Orion de 127mm sur sa monture Skyview Pro, ce qui nous permettra par la suite de réaliser plusieurs tests ainsi que des comparaisons; il ne faut pas oublier que les rassemblements d'astronomes ont aussi cette "fonction"! Le Soleil, lui, commence à se coucher. Il est temps pour l'astre diurne de s'incliner face à ses camarades, bien plus lointains mais tout aussi brillants, qui attendent discrètement le crépuscule. Progressivement, voilà Arcturus, puis Véga, Deneb, Altaïr et Antarès, et c'est ensuite au tour des autres étoiles de se présenter à nous, escortées par la Voie Lactée. Les grillons arrivent eux aussi! Au moment où le ciel se fait bien noir, le programme nocturne commence: pendant que certains astronomes observent, d'autres se joignent au public qui assiste à la projection de La guerre des mondes sur grand écran... on aurait pu penser que la lumière émise par le film aurait été gênante, mais elle est trop loin de moi pour être un obstacle, et ce grâce aux arbres et aux buissons situés entre le contrebas et les coupoles! Surpris La nature fait parfois bien les choses! J'en profite alors pour pointer les plus beaux objets de l'été, en commençant pas Albiréo. Qui aurait cru que cette étoile double allait avoir autant de succès auprès des curieux? En effet, beaucoup de visiteurs voulaient la regarder. Cet objet a beau être à 200 années-lumière de nous, on s'y intéresse de très près! Puis, c'est au tour de M27, ladite "nébuleuse du trognon", suivie par M57. Ce sont là deux nébuleuses assez rondes mais tout-à-fait curieuses! L'une se trouve grisâtre avec un anneau blanc - d'où son surnom de "nébuleuse de l'anneau" - et l'autre apparaît comme une "pomme croquée", accompagnée par deux tâches gris foncé, de chaque côté. Il y a bien évidemment d'autres particularités que je n'évoquerai pas dans ce CROA car j'en ai déjà parlé récemment... Bref, après un bon début, nous avons orienté l'instrument vers M13, cet amas si représentatif du ciel d'été. N'est-il pas impressionnant avec ses milliers d'étoiles rassemblées en une zone si petite? Certains la qualifient "d'objet plastique"... ce qui n'empêche pas qu'on a affaire à une belle image céleste! Sourire
La plupart de ces observations ont été faites avec un faible grossissement... En revanche, dans les coupoles, il en est autrement; Avec sa lunette de 232mm, André teste les limites du ciel... qui sont assez dures à atteindre! A 600 fois comme à 1100 fois, les turbulences ne gênent pas encore! Mais ce n'est qu'à partir de minuit que l'aventure nous mène loin... effectivement, la Lune commence à s'élever à l'Est, avec Jupiter à 15° d'elle. ce sont les stars de la nuit, car tout le monde les attend. Il est 1h du matin quand l'astre sélènne est facilement observable. Il est alors temps pour moi de tester le 6mm. D'abord à 150 fois, puis à 300 fois grâce à ma Barlow x2... quel régal! Le premier quartier est vraiment splendide! Le ciel étant parfaitement stable, je me permets d'étudier différents cratères... il est impressionnant de voir comme les bords sont accidentés, avec de temps à autre un ou deux rochers prêts à tomber en bas du ravin... il y a aussi toutes ces ombres qui créent des formes étranges! Elles viennent généralement de quelques montagnes ou roches imposantes. Associée à cela, la texture même de la surface lunaire paraît étrange: on pourrait presque parler de pierre porreuse, de couleur très homogène, ou bien d'une éponge très dense mais décolorée... on voit également les différences d'altitude entre les plateaux, ce qui n'apparaît pas toujours à faible grossissement! Lentement, la Lune monte dans la voûte céleste, comme si elle voulait se montrer aux observateurs de Rocbaron. Dès lors, il est au moins 2h... l'horloge tourne! Le sommeil se fait de plus en plus sentir... je file donc pour aller me reposer, car la journée de Dimanche s'annonce tout autant chargée! 

 

Nous voilà donc 16 heures plus tard. La température est de 32°C, le vent n'est pas là. Quelques cumulus sont visibles au dessus du Haut-Var... ils ne viendront pas à l'observatoire, heureusement! Mais avant de penser aux observations de ce soir, nous nous rendons directement sous le chapiteau pour assister à la conférence de Claude DARNON, Président du club des Amis d'Orion. C'est l'Histoire de l'Astronomie de l'Antiquité à nos jours qui est abordée... on peut naturellement évoquer l'évolution des instruments d'observation, mais ce n'est là qu'une partie du cours de l'Histoire. Le premier élément permettant d'avancer en science est d'abord l'oeil et l'esprit humain... tout au long de l'exposé, Claud DARNON nous explique de quelle manière "nous en sommes arrivés là". La mémoire de nos débuts est absolument captivante! Quant à ce qui reste à accomplir, on peut parler d'une tâche immense et riche en faits, ne serait-ce qu'en interprétant et en se basant sur les études réalisées dans le passé. C'est donc sur ces mots que s'achève le programme diurne du Festival, avec ensuite les résultats de la tombola, puis un apéritif convivial durant lequel j'ai le plaisir de dialoguer avec plusieurs astronomes et astro-photographes - parmi lesquels Pascval13 que je salue au passage -, sans oublier les autres membres du club Cassiopée dont je fais partie. Par la suite, c'est vers 21h que j'installe le Mizar 114/900, pendant qu'un ami prépare son Orion 127/1500 juste à côté. L'objectif de ce soir est de comparer le rendu des images de chaque instrument, à grossissement égal... sans laisser le public de côté pour autant! 

A gauche: télescope Orion 127/1500 sur monture Sky-view Pro; à droite: télescope Mizar 114/900 sur monture équatoriale 2 motorisée en ascension droite (photo prise par l'astronome Eclipse)

Tout comme la veille, le ciel est magnifique... les cigales chantent encore, les grands Pins donnent un aspect serein à la campagne environnante. La Provence Verte porte bien son nom! Au loin, le Soleil se couche; seuls les derniers rayons sont visibles. Ces derniers parraissent rose ou rouge. L'endroit est calme. Le public, quant à lui, arrive progressivement, presque en même temps que les étoiles! Le hasard s'invite-t-il en nous donnant cette étrange constatation? Toujours est-il que nous sommes tous prêts à partir explorer le cosmos, à la recherche des plus belles nébuleuses et galaxies. Au bout de l'observatoire, certains membres observent la comète C/2009 Garrad! En m'approchant, j'observe à mon tour: merveilleux, c'est le mot! On voit une bille blanche avec un halo grisâtre. La queue de la comète n'est pas visible, mais une traînée est distinguable en bas de l'objet. A mon retour, suite à la demande de chacun, je pointe divers objets célestes, de M13 à M19 en passant par le double amas de Persée et Andromède. Ah! la belle galaxie... elle est l'une de nos voisines! Avec son coeur blanc et son aspect légèrement jaunâtre, sa texture cotoneuse et laiteuse... et n'oublions pas ses deux camarades situées non-loin d'elle! A l'oeil nu, on la distingue difficilement car la Lune est proche de l'horizon. Aux jumelles, en revanche, Andromède est perceptible! Langue tirée Tandis que je contemple ce spectacle, André effectue quelques tests sur sa lunette. Que le temps est long lorsqu'on souhaite y jeter un oeil et qu'elle n'est pas disponible! Mais au final, la belle nous montre Jupiter... il est alors 1h30 du matin. A 300 fois, la planète au multiples satellites laisse voir deux belles tempêtes à sa surface, avec de nombreux détails au bord des bandes... c'est magnifique! 

La grande lunette de 232mm, installée dans la grande coupole (photo prise par l'astronome Eclipse)

Déjà 2h du matin. L'humidité est assez faible. Les astro-photographes sont en pleine activité. Je range mon matériel et observe le ciel étoilé à l'oeil nu... la Voie Lactée brille de mille feux. On distingue facilement les zones les plus riches en astres.

 

Le week-end est passé vite. Trop peut-être! On aurait tous voulu prolonger ces moments agréables et magiques... mais ce n'est que partie remise. Certains songent déjà au prochain festival! Alors, je vous donne rendez-vous en Août 2012 pour le 16ème Festival d'Astronomie à l'Observatoire de Rocbaron...! Clin d'œil 

Je remercie tout particulièrement le club Cassiopée pour avoir organisé cet évènement formidable, ainsi que tous les astronomes présents sur le site, avec qui j'ai passé des superbes soirées...

15ème Festival d'Astronomie de R

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